Axe 3 : Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques

Responsable de l’axe : Myriam Carminati

A.3.1-    Réceptions, réappropriations, recréations

A.3.2-    Plurilinguisme et poétiques de l’altérité  

A.3.3-    Représentations, discours et récits postcoloniaux

 

A.3.1-    Réceptions, réappropriations, recréations

Les théories de la réception, le rôle fécond de la circulation des œuvres (intertextualité, interdiscursivité…) ont non seulement bouleversé le champ du discours critique dans les années 1980-1990, mais ont également suscité chez les auteurs et les créateurs tout un travail d’appropriation qui va au-delà de la question de l’influence et des sources. Au sein de l’équipe LLACS, cette réflexion fédératrice donne lieu, en lien avec d’autres universités, à des collaborations interdisciplinaires qui s’inscrivent dans la continuité des actions menées depuis 2011. Dans cette perspective critique, la question des dialogues sémiotiques constitue un socle nécessaire aux nouvelles approches des productions culturelles. En effet, les relations qui s’instaurent entre le fictionnel et le factuel sont de plus en plus complexes. C’est pourquoi elles exigent une analyse dépassant les catégories génériques traditionnelles et questionnent les outils théoriques et méthodologiques privilégiés jusqu’à présent. Toutes ces pratiques d’écriture renouvellent les termes de la question fondamentale sous-jacente à toute forme de littérature et d’art, à savoir celle de ses rapports au réel. L’équipe LLACS interroge donc ces frontières mouvantes et ces nouvelles articulations au sein des littératures des Suds.

A.3.2- Plurilinguisme et poétiques de l’altérité

Cette problématique renvoie à la question de l’interculturalité et, par « interculturalité », nous n’entendons pas simplement le rapport entre des cultures différentes, mais des rapports complexes entre des sujets – individuels ou collectifs – qui sont porteurs de plusieurs cultures et qui vivent de cette pluralité, de cette relation constante, en termes de réciprocité, entre différence et identité. Ainsi, la différence et l’altérité nous construisant, l’interculturel, comme le souligne Tzvetan Todorov, devient constitutif du culturel. D’où la complexité de la problématique de l’identité dont les contours sont appelés à être constamment redéfinis. Ce questionnement fait intervenir les concepts d’« extraterritorialité » et de « transterritorialité » et peut aisément être articulé avec des problématiques relevant de la civilisation et de la sociolinguistique.
Plurilinguisme, dialogue entre les langues et diglossie : la notion de plurilinguisme, c’est-à-dire la coexistence de plusieurs langues ou variétés d’une langue, renvoie a priori à une fragmentation de l’espace linguistique. Néanmoins, les langues ne sont pas juxtaposées mais dialoguent ou s’affrontent. Il en va de même pour les individus plurilingues. Ainsi la coexistence chez un individu, dans une société ou dans un espace donné de plusieurs langues affecte-t-elle nécessairement les productions écrites et orales de même que leur réception.
Que les langues soient considérées comme complémentaires (expressions bilingues) ou concurrentes (notamment dans les situations de diglossie), les recherches d’un certain nombre de membres de l’équipe s’intéressent à la forme des langues ou variétés de langues en contact (norme, emprunts, graphie, morphologie, alternance de codes…), mais aussi aux représentations que leur usage véhicule. Les résultats des travaux concernant ces questions donneront lieu à la publication de dossiers dans la revue de sociolinguistique Lengas (https://www.pulm.fr/index.php/revues/lengas.html).
Comme lors du quadriennal précédent, et parce qu’elles se sont avérées fructueuses, seront ponctuellement privilégiées des collaborations avec d’autres équipes de recherche de l’UPVM et au-delà. Dans ce cadre, les thèmes de recherche dont il est question ci-dessus feront l’objet, au cours du quinquennal, de plusieurs manifestations scientifiques (séminaires, colloques et journées d’études) qui donneront lieu à des publications et à des réalisations sur support numérique, parmi lesquelles un colloque transdisciplinaire, en 2017, dont la thématique portera sur « Formes et figures de l’errance ».

A.3.3- Représentations, discours et récits postcoloniaux

Un nouveau domaine de recherche transversale s’ouvre autour de ces questions Il s’agit de montrer comment une histoire conflictuelle et violente (colonisation/décolonisation) a donné lieu aux XXe et XXIe siècles à des productions culturelles spécifiques, mais pas toujours bien connues. Il existe, par exemple, une littérature en langue espagnole au Maroc ou encore en Guinée Équatoriale, seule colonie espagnole d’Afrique. Il apparaît aussi que les productions littéraires (prose et poésie) des auteurs issus de l’émigration politique ou économique de ces pays constituent un nouvel apport aux littératures de langues espagnole et catalane.
Quant aux échanges entre l’Amérique hispanique et l’Espagne, ils peuvent être envisagés sous le prisme du postcolonial, notamment à travers une analyse des représentations littéraires liées à la transterritorialité, par le biais d’une réflexion sur les politiques éditoriales.
Le concept romantique de colonialisme intérieur, très présent dans les années 70, se révèle fécond pour aborder aussi les productions littéraires et artistiques du domaine occitan.
Les études italiennes et lusophones trouvent également leur place dans ce questionnement par le bais des travaux menés depuis plusieurs années sur les littératures italophone et lusophone de la migration ainsi que sur les questions d’identité et de frontière.
Dans le cadre de ces questionnements, qui rejoignent les problématiques liées aux «poétiques de l’altérité », sont prévues des journées d’études où dialogueront créateurs et chercheurs.