APPEL A CONTRIBUTION DOCTORANT - OCTOBRE 2018

Pratiques et représentations du savoir et du savant dans les sociétés des Suds

Sixièmes Journées d’Études doctorales

LLACS Université Paul-Valéry, Montpellier III

12 octobre et 13 octobre 2018

 

C’est avec plaisir que les doctorants du laboratoire de recherche LLACS (EA 4582, Langues, Littératures, Arts et Cultures des Suds) vous convient à la sixième édition des Journées d’études entre doctorants et chercheurs, dans une perspective interdisciplinaire.

Le Trésor de la Langue Française définit le savoir comme « l’ensemble des connaissances d'une personne ou d'une collectivité, acquises par l'étude, par l'observation, par l'apprentissage et/ou par l'expérience ». Dès lors, le concept de savoir revêt une dimension protéiforme, dans la mesure où il intègre théorie et pratique, étude et expérience. Son étymologie même, du latin sapere, « avoir de la saveur » lie la compréhension, l’étude et l’apprentissage aux sens et au goût. L'attrait pour l’érudition et une propension à la curiosité intellectuelle donnent alors une première caractérisation du savant, défini d’abord comme celui qui ressent cet élan.

 La question du savant, et plus largement de l’acquisition, de la possession et de la transmission du savoir renvoie à plusieurs problématiques philosophiques, politiques, artistiques ou encore pédagogiques.

De l’antique relation de maître à disciple à l’homme accompli promu par Erasme à l’époque de la Renaissance, le savoir est indissociable d’une réflexion sur les modalités de sa transmission et sur la figure même du savant. En effet, les notions de savoir et de savant sont intrinsèquement et historiquement liées à celle de pouvoir. Il en découle que la volupté intellectuelle, définie par Blaise Pascal comme une libido sciendi, est restreinte à qui en possède les clefs d’accès. Le savoir apparaît alors comme un objet de convoitise doté d’une valeur certaine et sujet à l’accaparement par des élites ou des groupes qui cherchent à le transmettre de manière endogène. Or, celui qui sait détient la mémoire du passé, en même temps qu’il a pour devoir moral et civique de la transmettre aux générations futures. Le partage du savoir, au-delà du plaisir qu’il procure à ses agents, est une condition nécessaire à son existence. La transmission ouvre vers le progrès et se met au service du plus grand nombre, ou du moins, c’est ce qu’on en attend initialement.

Mais si, comme l’écrit Rabelais, « Sapience n'entre point en âme malveillante, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme », c’est bien que le pouvoir que procurent science et connaissance peut mener à des pratiques cyniques voire malveillantes. Les pratiques de manipulation volontaire de l’information ou l’usage de la science et de la technique à des fins destructrices abondent. L’acte de transmission a donc un rôle fondamental dans la bonne pratique du savoir : une intention de formation généreuse, qui partage et construit, préside à l’épanouissement de l’esprit autant que les connaissances. Cependant, la transmission elle-même est susceptible de dérives en raison du déséquilibre induit par la relation maître/disciple et fait appel à la bonne foi et à la bienveillance de celui qui enseigne. A l’inverse, une transmission qui s’effectue sous la forme d’une domination malveillante, égoïste, calculatrice, déforme, détruit donc méprise.

L’importance sociale et morale de la possession et de la transmission du savoir, qu’il soit théorique ou technique, est une problématique très actuelle dans des sociétés qui voient s’étendre l’accès à l’information de manière exponentielle sans pour autant toujours savoir la traiter avec pertinence et honnêteté. Cet élargissement lié à l’usage d’Internet et des nouvelles technologies peut être également propice à renforcer les déséquilibres existants puisqu’ils restent souvent difficilement accessibles aux franges les moins favorisées.

 

Axes de recherches :

 

  • Postures, pouvoirs et rôles historico-culturels du savant et du savoir.
  • Dimension politique du savoir et de la transmission de l’information : parole, écriture, institutions, presse. Utilisation et manipulation des médias (presse, télévision, radio, internet), publicité, propagande. Extension de l’accès à l’information et déséquilibres.
  • Le rôle de l’expérience dans la transmission et l’apprentissage du savoir ou l’expérience comme forme de savoir dans les sciences, la création ou la réception littéraire, philosophique ou artistique.
  • Nouvelles formes de transmission et d’apprentissage : vers le remplacement des notes par l’évaluation par compétences, intégration d’Internet et des outils numériques dans processus d’apprentissage.

 

Propositions de 250 mots maximum, accompagnées d’un bref CV, à envoyer à l’adresse mail « jellacs2017@gmail.com » avant le 15 juin 2018, avec les informations suivantes :

nom et prénom du doctorant, adresse électronique, affiliation institutionnelle, sujet de thèse en cours.

La langue de travail sera le français ou l’anglais (les communications en langue anglaise ne seront pas publiées), chaque participant disposera de 20 minutes pour sa présentation. La réponse vous sera communiquée le 10 juillet 2017.

Lieu : Site Saint-Charles, de l’Université Paul Valéry – Montpellier III.

Inscription et participation gratuite. La communication sera suivie d’une publication des Actes sur le portail Numerev.

Comité organisateu r: Juan Adroher, Alya Ben Hamida